

Projet
Consignes et projet
Le travail consistait, dans un premier temps, à choisir une oeuvre aux Musées royaux des Beaux-Arts (de style renaissance ou baroque) et de tenter, avec les outils de génération d’image de recréer ce tableau, au plus proche de l’original.
Dans un second temps, il s’agissait d’interpréter la thématique du tableau original dans une perspective contemporaine avec les outils de génération d’images/vidéos/son.
L’objectif final (au deuxième quadrimestre) sera de ramener l’image/vidéo/animation/clip interprétée au musée, sur le tableau originale, en utilisant un outil de réalité augmentée (Artivive).
Pour ce travail j'ai choisi la Pièta de Rogier Van der Weyden, une oeuvre qui représente l'un des épisodes les plus émouvants de la Passion du Christ : la Lamentation.
Pièta
Rogier Van der Weyden
Vers 1441, huile sur chêne, 32,5×47,2cm, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
J’ai choisi la Pietà de Rogier Van der Weyden comme point de départ parce qu’elle incarne une intensité émotionnelle exceptionnelle tout en restant d’une grande sobriété. Ce qui m’a frappée, c’est la manière dont la douleur est contenue, silencieuse, mais profondément lisible dans les gestes et les regards. La compassion n’est pas théâtrale, elle est humaine, intime, presque fragile.
Afin de tenter de recréer mon oeuvre grâce à l'IA j'ai demander à ChatGPT de me décrire l'oeuvre et de créer un prompt adapté à la version 7 de Midjourney.


J'ai envoyé ce script à Midjourney, en l'adaptant à chaque nouvelle regénération afin de m'approcher au mieux de l'oeuvre originale.
Voici les difficultés rencontrées :
- La fidélité à la composition originale : la Pietà de Van der Weyden repose sur : une composition très rigoureuse, des gestes très précis, une chorégraphie émotionnelle entre les figures. Midjourney a tendance à : déplacer les personnages, modifier les postures, ajouter des éléments inutiles, simplifier la structure.
- La complexité des drapés : chez Van der Weyden, les drapés sont très sculpturaux, extrêmement construits, servent la tension émotionnelle, sont presque architecturaux. Or Midjourney génère parfois des plis incohérents, simplifie les volumes, produit des tissus trop fluides ou trop modernes. C’est souvent là que la ressemblance se perd.
- L’intensité psychologique des visages : La force de l’œuvre vient de la douleur contenue, les larmes réalistes mais discrètes, la retenue tragique des expressions. Midjourney a tendance à produire : soit des visages trop neutres, soit des expressions exagérées (presque théâtrales), soit des visages trop « beaux » et idéalisés.
- La matière picturale : chez Van der Weyden il y a des glacis subtils, peau ivoirine translucide, textures fines de la peinture à l’huile, micro-détails des cheveux, tissus, carnations. Midjourney peut : donner un rendu trop lisse, produire un style « peinture IA » générique, manquer de profondeur matérielle. Ainsi l’image peut ressembler à une illustration moderne plutôt qu’à une œuvre du XVe siècle.
J'ai ainsi eu des difficultés à générer un version convaincante, bien que le niveau de détail reste intéressant.

Meilleure version de l'oeuvre générée avec Midjourney
Création d'une version contemporaine de l'oeuvre
La composition très structurée, centrée sur le lien entre les deux corps, met en valeur l’acte de soutenir, de porter l’autre. Ce geste est précisément ce que je voulais réactiver dans un contexte contemporain : montrer que la compassion existe encore aujourd’hui, mais qu’elle se déploie dans des situations sociales invisibilisées, comme celle des personnes sans-abri.
Choisir cette œuvre, c’est aussi dialoguer avec l’histoire de l’art : la Pietà est un motif universel, qui traverse les siècles, et qui parle de perte, d’amour, de vulnérabilité. En la transposant dans un cadre urbain contemporain, je cherche à montrer que le sacré n’a pas disparu, mais qu’il s’est déplacé : il se trouve désormais dans les gestes ordinaires de solidarité plutôt que dans la religion.
Enfin, la peinture de Van der Weyden m’a inspirée par sa capacité à rendre la souffrance digne, jamais misérabiliste. C’est cette tension entre beauté, douleur et respect que je souhaite conserver dans ma propre “Pietà urbaine”.

Version n°1

Version n°2

Version n°3 retenue
La version n°3 a été retenue, j'ai apprécié l'éclairage, l'emplacement des deux personnes, et surtout la sobriété des personnages qui permet à toutes personnes de s'identifier à eux. La rue et les silhouettes en arrière plan nous suggèrent le décès d'une personne sans-abris, sans entrer dans la représentation clichée de ce drame qui touche énormément de monde aujourd'hui.
J'ai aussi apprécié l'émotion des personnages, le contact ainsi que la différence d'âge entre la femme et l'homme qui est à l'opposée de la version originale.
Ainsi, j'ai demandé à Midjourney d'animer cette image pour appuyer les émotions des personnages et le drame de la situation.
